mercredi 4 juin 2014

Urfa et son bazar


Vieille ville qui fut capitale du temps des romains, Urfa a conservé largement son caractère ancien. Cette ville du sud est est assez différente des autres. Tout d'abord l'aspect des gens. Il y a beaucoup de kurdes dans la population. Ici les hommes portent volontiers la moustache à la syrienne et des sarouals pour les plus âgés. Certains portent meme la djellabah. Les femmes portent en grande majorité des foulards colorés. Toujours le même foisonnement commerçant mais surtout son bazar. Vieux de plus de 400 ans il est installé en partie dans un caravansérail. Tissus de toutes sortes, épices en grande quantité et travail du métal cuivre et étain. Les artisans travaillent dans de toutes petites échoppes à marteler le cuivre et à l'étamer. Ils sont surtout très curieux, il faut dire que je dois être le seul européen du bazar. Un siège bas, un thé, une cigarette roulée, ça me laisse le temps d'observer sans déranger. Certains me demandent de les prendre en photo. Ambiance tranquille, aucune pression pour acheter.   
Au delà du bazar il y a un grand parc dans lequel serpentent des canaux autour  de quelques pièces d'eau. Au fond du parc le fameux lac aux carpes. Urfa est la ville natale d'Abraham qui refusait de céder au paganisme, pour cela le roi Nemrod le fit jeter du haut d'une forteresse dans un bûcher géant mais dieu dans sa grande bonté a transformé le feu en lac et les bûches en carpes. Aussi sont-elles sacrées. Elles dont énormes et bien nourries par les visiteurs qui viennent se recueillir là.
C'est une ville très pieuse, outre le lac il y a plusieurs tombeaux importants du monde musulman.
Beaucoup de mosquées aussi dont quelques-unes ont presque 1000 ans.
En entrant dans des porches ouverts on atteint des cours intérieures de vieilles maison transformées en restaurant ou en hotel.




Je l'avais déjà remarqué mais ne confirme les turcs ont du mal à se repérer sur une carte. En cherchant le musée de la cuisine plusieurs personnes m'ont envoyé un peu partout, le plus drôle c'est qu'ayant fini par me repérer à force de tourner j'ai demandé à une dernière personne réceptionniste dans un hôtel; il ne connaissait ni la rue ni le musée que j'ai trouvé à moins de 200 m !



mardi 3 juin 2014

Parlez-vous Turc ?

Non pas sous la torture, ça tout le monde y arrive avec un minimum d'entraînement, non je veux dire naturellement. Sans doute que oui tout comme moi d'ailleurs. Vous connaissez déjà 5000 mots de la langue turque. Ça aide ! Au hasard quelques-uns : kuafor (ça vous connaissiez déjà) polis, jendarma, avokat, bisiklete, galoche, avangarde, mobili, divan, casaque, gastroenterolog, absent, ispanyolet, frambuaz, dejenere, peruk ou rantabilite.
Vous allez compléter c'est sur. Donc une fois identifiés ces 5000 mots apprendre un peu de grammaire pour faire de jolies phrases comme : en attendant sur le divan du coiffeur j'ai vu passer la police ou en encore pendant que je suis absent mon gastroenterolog egocentrik et kleptoman a ouvert l' ipotet ikispanyolet.
Je suis sur que vous en trouverez d'autres.
Je suis maintenant à Urfa plus au sud à quelques kilomètres de la frontière syrienne. Rassurez-vous je ne compte pas m'engager dans les forces djihadistes. D'ailleurs ıl n'y a aucune trace vısıble du drame qui se deroule un peu plus loin, nı non  plus des refugies syriens qui sont en grand nombre en Turquie.
Nous sommes beaucoup plus bas à moins de 400m, l'air est plus chaud (plus de 30°). Les oliviers sont revenus en force ainsi que les champs de blé qui viennent juste d'être moissonnés. Il y a aussi des arbres beaucoup plus petits que je ne connais pas, des pistachiers ? J'ai échappé à un violent orage en m'abritant opportunément dans une station service. Ce qui les intrigue toujours c'est pourquoi j'ai 2 jerricans alors qu'il y a en Turquie une station tous les 10 km. Ils comprennent mieux quand je leur dis que c'est pour traverser l'Iran et l'Ouzbékistan.
Je suis venu voir quelques curiosités locales. Mais ça je vous le raconterai demain... si vous le voulez bien, c'est l'heure du muezzin.

lundi 2 juin 2014

Mais qu'allait-il donc faire la-bas ?


Nemrout Dag voilà ma destination de ce jour.  C'est à 100 km de Malatya seulement, oui mais la route monte, tourne et devient de plus en plus étroite. Tellement étroite d'ailleurs qu'une seule voiture peut rouler et il n'y a pas de place pour se ranger. La route est de plus en plus mauvaise, le paysage de plus en plus désolé. En 40 mn de cette route je n'ai croisé personne (heureusement), je n'ai doublé que des vaches et des

moutons qui déambulent sur la route. Je finis par arriver sur le site qui termine la route en cul de sac. Il reste encore une cote très raide de 4 km. Le gardien me fait signe de passer et ouvre sa barrière. Je m'engage donc dans ce chemin fait de gros cailloux et de gravier. Pas bon ça, la moto grimpe mais fait des écarts et sur une épingle à cheveux je négocie mal le virage, la roue arrière patine dans le gravier et déverse. Pas de mal mais comme elle s'est couchée dans la pente totalement impossible de la relever. Personne ne passe, pas un bruit j'aurais pu rester là longtemps.

Je me décide à redescendre les 2 km pour demander de l'aide. La gardien monte avec un copain (ramzan et vahap). Nous remontons d'un bon pas et 30 mn plus tard la moto est sur ses pattes sans difficulté. Je la gare sur le côté et finis le chemin à pied.
Le site est spectaculaire. Perdu au milieu de nulle part, au sommet du mont Nemrout qui domine toute la vallee, le roi Anthiochonos 1er a fait dresser 6 statues assises de 5 à 6 m de haut le représentant avec ses amis les dieux. Mais qu'est-ce qui lui a pris de poser ce monument à cet endroit ? L'histoire ne le dit pas, en tous cas mon guide reste muet là-dessus. J'attends les commentaires éclaırés de nos savetout:
La vue sur la vallée et les grands lacs de la plaine tout tortueux est majestueuse le tout dans un décor de pierre brute. Seuls 5 marcheurs turcs sont là arrivés par un autre chemin.

Je redescends chercher ma moto et m'arrête boire un thé à la barrière. Ramzan me demande pourquoi je ne voyage pas plutôt en voiture (moi aussi je me le demande parfois).
Ayant décidé de rejoindre Urfa plus au sud à 100 km je regarde la carte mais elle n'est pas assez détaillée pour trouver la route entre les entrelacs des lacs (!)
Je redescends un peu et je mets en route mon GPS qui me propose de prendre le chemin non goudronné à gauche. La galère commence, des tournants, des trous dans le chemin qui glisse, la pluie qui commence à tomber, je parcours péniblement 10 km en une demi-heure. Le GPS m'indique qu'il me faudra plus de 4 heures pour faire les 90 km restants. Il est 17 h, la nuit tombe plus vite ici. Je décide de faire demi-tour et de rentrer a Malatya. En faisant demi-tour sur ce chemin étroit et en pente la moto glisse de nouveau sur le gravier et se couche. Pas de panique ! Il n'y a personne à la ronde mais l'affaire se présente mieux. A la 2e tentative je la redresse, finis mon demi-tour et reviens à l'hôtel ou j'étais hier. L'hôtelier est un peu surpris de me revoir mais est ravi de me redonner une chambre. 
J'irai à Urfa demain !


dimanche 1 juin 2014

La Turquie de l'ouest


De Goreme à Malatya 400 km mais on change complètement de région. Finies les grandes plaines agricoles à perte de vue. La route monte régulièrement et je roule entre 1600 et 2000 m, la température est plus fraîche. Les monts environnants sont pelés, et battus par les vents, il n'y a quasiment plus d'arbre. Le paysage est arride et les villes et villages se font plus rares. La circulation sur cette grande route est quasi nulle et je peux rouler 10 ou 15 km sans croiser une voiture, c'est vrai qu'on est dimanche. A 50km du but je m'arrête pour faire une pause à une cahute comme il y en a plein au bord des routes. Depuis quelques kilomètres ce sont des abricots secs qu'ils vendent. J'en prends quelques-uns qui feront mon repas de midi et le jeune homme du stand me fait gouter un super truc : de la pâte d'abricot mélangée à des pistaches et roulée dans de la noix de coco. Délicieux ! Du coup j'en ai acheté ! Ils sont balèses les turcs pour fabriquer des douceurs. Pas bon pour la ligne tout ça.   

J'ai quitté la Turquie de l'ouest ; elle m'a laissée l'impression d'un pays en plein boum économique. Des usines au bord des routes, parfois très grandes, de textile bien sur, je vous confirme que la Turquie continue de fabriquer beaucoup de textile mais pas seulement. Il y a aussi beaucoup d'autres usines, mécanique, construction etc...  
Les immeubles poussent comme des champignons. Dans toutes les villes moyennes ou grandes ce sont des quartiers entiers qui sortent de terre par 10 ou 15 immeubles simultanément. Ceux qui sont autour ont moins de 10 ans. Les vieux immeubles des années cinquante sont abattus. Les routes qui relient toutes les villes sont en train d'être mises en voies expresses ou l'ont déjà été.
L'impression que la Turquie bouillonne de partout. Tout est niquel partout. Les rues sont nettoyées, les hôtels sont irréprochables même les toilettes publiques sont bien plus propres que chez nous.
Il sera intéressant de voir s'il en est de même dans l'est.

Propre et récuré




Samedi je me réveille avec le muezzin comme dab à 5 heures et impossible de me rendormir. Je bouquine donc quand vers 6h j'entends des bruits de chalumeaux. Je vois par ma fenêtre quelques montgolfières s'élever doucement. Je monte sur la terrasse et pendant une heure j'ai regardé ces drôles d'engins passer au dessus du village très tranquillement. Majestueux ! Ici c'est l'Activité Touristique par excellence.     La matinée commence bien je vais ensuite trouver un café internet pour égayer de quelques photos mes textes, pour ceux qui regardent surtout les images. D'ailleurs j'ai rajouté en haut à droite un diaporama des photos prises depuis le départ. Il n'y a pas que celles publiées. En cliquant sur le diaporama elles viennent en grand.
En revenant je m'arrête à Uçhisar visiter la citadelle byzantine entièrement troglodyte. C'est bizzare car ça ne ressemble pas à une citadelle et de là-haut le point de vue est magnifique sur toute la vallée.

Et puis je me dis qu'il est temps de tester le hammam. C'est très différent de ce que j'avais pu essayer en France. Ici c'est d'abord sauna 15 mn puis jaccuzzi puis on passe sur une table en marbre où une ravissante et pulpeuse jeune femme, à peine vêtue tellement il fait chaud, vient d'abord passer le gant de crin pour enlever la peau morte et ensuite à l'aide d'un savon très moussant, on est savonné et massé puis rincé.... à l'eau froide. Puis de nouveau jacuzzi et on sort quand on veut.
Très revigorant ! Je crois que j'y ai pris goût, je vais y retourner à pas tarder. Demain je voyage jusqu'à Malatya.

vendredi 30 mai 2014

La Turquie dessous. Claustrophobes s'abstenir.


Voila, voilà, ça vient faut quand même rouler, visiter puis écrire. Alors on est en vacances, ne vous en déplaise, aussi j'écris selon mon inspiration ( ça y est , j'en vois déjà qui ricanent).

 Aujourd'hui direction Kaymakli  pour visiter une des multiples villes enterrées. Durant plusieurs siècles les chrétiens se sont réfugiés dans ces villes pour échapper aux invasions. Ils ont creusés d'impressionnantes galeries pour y vivre parfois plusieurs mois avec familles bétail et nourriture. Les entrées étaient bloquées par d'immenses roues de pierre de plusieurs centaines de kg. La légende veut que certains envahisseurs passaient à proximité sans se douter de l'existence de ces cités.    Seule une toute petite partie de ce labyrinthe est visitable. Il s'étend sur plusieurs centaines de mètres et 7 niveaux en profondeur.     
Claustrophobes s'abstenir ! Les salles sont parfois très petites et plafonnées à 1,80 m (pour moi c'est juste mais ça passe) mais surtout les tunnels pour relier les différentes parties sont très étroits et nécessitent d'avancer plié en 2 voire presque accroupi parfois. De longs conduits d'aération parcourent ces galeries de haut en bas.
Une sorte de termitière humaine quoi !     Une solution à méditer en France pour régler une bonne fois pour toutes la question du logement. D'autant que les meubles : placards tables et chaises sont également taillés dans la pierre ce qui rajoute encore aux économies. 

Ensuite direction la vallée d'Ilhara. Canyon de 150 m de profondeur dans lequel il y a également des
habitations troglodytes et quelques très vieilles églises dont les peintures sont encore visibles. C'est surtout une joli balade au bord d'une rivière encaissée au fond d'un vallon. A l'arrivée un restaurant qui enjambe la rivière. Je n'ai pris qu'un thé pour répondre à la question.




jeudi 29 mai 2014

La Turquie dessus


Parti hier de Konya pour rejoindre Aksaray, j'ai finalement poussé jusqu'à Nevsehir proche de Goreme. 
J'ai visité en passant un caravansérail du 12e. Marre de circuler sur la 4 voies, j'ai opté pour les petites routes. Là évidemment les indications sont moins bonnes. Aussi suis-je arrivé au sommet d'une colline ou    
était plantée une mosquée sans rien d'autre autour. 4 hommes à l'ombre du seul arbre qui désirent me parler. Malheureusement un seul parle l'allemand. Aussi appelle-t'il au téléphone un de ses copains qui parle anglais pour m'indiquer le chemin de la Cappadoce ... que je n'avais pas demandé ! Photos, poignées de main et me voilà reparti sur les petites routes à une voie (ça change). Je traverse des petits villages ou l'odeur d'étable est omniprésente et je me rends compte que c'est une odeur que l'on ne rencontre plus en France. J'ai également croisé de gros troupeaux de moutons.
J'arrive à Nevsehir ou j'ai eu un peu de mal à trouver un hôtel. Ou trop chic (et cher) ou sordide.
J'ai finalement trouvé ce que je voulais au moment ou j'allais me résoudre à payer plus cher que d'habitude.

Ce matin Goreme avec ses incroyables maisons creusées dans des pythons de grès. Bien sur le filon est exploité pour le tourisme mais les nouvelles habitations sont dans le même style. Petit tour dans le village pour admirer toutes ces constructions et... bière. La première depuis 8 jours. J'essaie de m'habituer pour pouvoir résister en Iran !
Tous les villages autour sont de vrais gruyères. Certaines habitations sont très vieilles et pour certaines comportent 2 pièces. Placards creusés dans la roche de même que le foyer. Tout le confort souhaité pour un loyer dérisoire. Manque juste l'eau et l'électricité.
Il y a aussi beaucoup d'églises très petites dont certaines fort vieilles décorées de peintures pieuses (no photo). 


Demain j'irai voir la Turquie dessous.